L’ANALYSE DE LA VISION DES COULEURS ET LE DIAGNOSTIC DU DALTONISME:

Identifier et déterminer le type et la gravité de la dyschromatopsie représentent un exercice difficile, étant donné qu’on ne doit pas mesurer une quantité physique simple ( comme par exemple, la longueur, le poids d’une longueur d’onde), mais la sensibilité chromatique de l’oeil, qui représente une quantité psychophysique. Ce serait pour cette raison que depuis 200 ans, il a été élaboré une centaine de méthodes différentes pour mesurer le daltonisme, dont les résultats sont contradictoires. Aussi, jusqu’en 2004, était-il recommandé d’utiliser au moins deux méthodes de manière conjuguée, pour obtenir un résultat définitif précis.

Le plus souvent on utilisait des tests pseudo-isochromatiques et un anomaloscope pour mesurer la dyschromatopsie:

Les tests pseudo-isochromatiques
Les livres de tests pseudo-isochromatiques sont des recueils d’images, composées de points colorés, ronds ou de forme irrégulière (« livres aux points » ou « livres aux grains »). Sur ces images, un sujet normal (trichromate) voit s’esquisser certaines lettres, certains chiffres, ou d’autres formes, tandis que pour les daltoniens ces images ne sont pas identifiables. Les couleurs des points qui constituent les schémas ou l’arrière-plan forment des paires pseudo-isochromatiques. Cela signifie que leur clarté et leur saturation en couleurs sont identiques, ils ne se diffèrent que par leur nuance de couleur.

IMAGE Pseudo isochromatique

Sur les images servant à l’identification de la dyschromatopsie de type « rouge-vert », le schéma est composé en général de points oranges et jaunes, tandis que l’arrière plan est composé de points jaunes et verts jaunâtres, ou inversement. Les feuilles tests sont imprimées avec des peintures spéciales par mélange direct. Un bon éclairage est important pour effectuer le test. La meilleure solution est d’utiliser une lampe halogène ou un tube luminescent compact.

Au cours de l’ examen la personne doit identifier préférentiellement 15-20 images. Si au cours de l’examen elle commet plus de deux erreurs, elle est considérée comme ayant un problème de vision des couleurs. Le test pseudo-isochromatique n’est que l’une des méthodes capable d’identifier le type de dyschromatopsie ou autre problème de vision des couleurs. Sur la base du test on ne peut pas déduire le type et la gravité de la dyschromatopsie (dans le cas d’une personne atteinte de daltonisme), bien que l’on puisse supposer que celui qui se trompe sur plusieurs images, dispose d’une moins bonne perception des couleurs.

Les livres tests d’images pseudo-isochromatiques les plus connus sont Ishishara- (Japon), Velhagen-(Allemagne), Rabkin- (Russie) et Dvorine- (Amérique).

Ces livres de tests d’images pseudo-isochromatiques sont relativement bon marché et leur utilisation est simple.
Cependant ils sont incomplets, car ils ne permettent pas d’identifier la gravité et le type de dyschromatopsie, même s’ils permettent de savoir si la personne examinée dispose d’une bonne ou mauvaise perception des couleurs.

ingénieur

L’anomaloscope
L’anomaloscope est l’appareil le plus connu et considéré comme le plus fiable pour l’examen du daltonisme. Le principe de l’appareil a été élaboré par Lord Rayleigh. Le plus connu est l’anomaloscope Nagel. Dans le champ visuel de l’anomaloscope Nagel, la personne examinée doit mélanger les lumières monochromatiques rouge (R) et vert (G) projetées sur la partie supérieure du champ visuel rond divisé en deux, jusqu’au moment où la couleur mélangée paraît identique à la « couleur cible » projetée sur la partie inférieure du champ visuel, c’est-à-dire à la lumière monochromatique jaune (Y).

Anomaloscope NAGEL

Dans le cas où l’on voit les parties supérieures et inférieures du champ visuel de même couleur claire, alors on peut lire sur l’affichage de l’appareil de mesure du daltonisme, la relation rouge-vert R/G et l’intensité Y de la couleur cible jaune. De la quantité de couleurs utilisées au mélange on peut déduire la perception des couleurs, ainsi que le degré du daltonisme de la personne examinée. Dans le cas de participants disposant d’une perception normale des couleurs, l’appareil montre des valeurs R/G = 45 et Y=15.

L’un des anomaloscopes les plus anciens est l’anomaloscope Nagel de la fabrique Schmidt-Haensch. Dans cet appareil une lampe à incandescence assure l’éclairage dont la lumière est projetée dans le champ visuel à travers des filtres de couleurs rouge, vert et jaune.

L’anomaloscope de Heidelberg représente une variante plus moderne dont les données de mesure peuvent être transmises à un ordinateur, mais l’appareil peut aussi fonctionner sans ordinateur. Des LED rouge, vert et jaune servent de source de lumière.

anomaloscope de Heidelberg

La variante la plus moderne de nos jours est l’anomaloscope HMC de la société OCULUS. Il ne peut fonctionner qu’à l’aide d’un ordinateur.

L’anomaloscope japonais Tomey rend possible non seulement le mélange des couleurs Rayleigh (rouge + vert = jaune), mais aussi le mélange Moreland (bleu + vert = vert-turquoise), aussi fournit-il plus d’informations sur la dyschromatopsie qu’un anomaloscope normal.

La mesure de l’anomaloscope doit être évaluée pour établir le diagnostic. On ne peut pas établir un diagnostic fiable sur la base d’une seule vérification de couleurs. Il faut établir les valeurs R/G auxquelles la personne examinée peut régler identiquement la couleur des champs inférieur et supérieur. Les forts daltoniens de type (protanopes et deuteranopes) peuvent régler la concordance des couleurs à n’importe qu’elle valeur R/G.
L’utilisation de l’anomaloscope et l’évaluation des données de mesure sont compliquées, cependant l’anomaloscope donne un résultat de mesure numérique exact concernant le degré et le type de la dyschromatopsie. Son prix est très élevé( il est comparable à celui des autres appareils numériques de qualité pour l’examen des fonctions visuelles).

C’est pourquoi, la société COLORLITE a mis au point un nouveau test pour l’examen de la perception des couleurs :

Colorlite

l’Atlas Explorateur

Après études et développements de nombreux appareils pour l’examen de la perception des couleurs, c’est l’Atlas Explorateur de la Perception des Couleurs qui a donné les meilleurs résultats dans la pratique. L’Atlas Explorateur qui contient une série d’images tests pseudo-isochromatiques, permet de mettre en évidence, en moins de 10 minutes, le type et le degré, du problème de vision des couleurs rencontré lors du test COLORLITE, effectué sur le patient. Ce dernier, ne doit pas identifier des chiffres ou des lettres sur les images tests, mais des images « Landolt C ». L’ouverture des lettres C peut se trouver aléatoirement dans 8 directions différentes, et la personne examinée doit montrer très précisément le sens de l’ouverture. Ainsi, l’Atlas Explorateur, peut être utilisé par tous types de personnes y compris par les plus jeunes.
L’Atlas Explorateur de la Perception des Couleurs contient trois séries d’images. Ces séries contiennent des images élaborées de façon pseudo-isochromatique dans un ordre de difficultés croissantes. Sur les premières images les couleurs des points diffèrent significativement de celles des points se trouvant dans l’arrière-plan, l’image est facilement identifiable. Ensuite la différence des couleurs diminue d’image en image, et sur la dernière image la différence des couleurs est telle qu’elle ne peut être identifiée que par des personnes disposant d’une excellente perception des couleurs ( trichromate).

La première série « rouge-vert » sert à mettre en évidence le degré de l’anomalie de la mauvaise perception des couleurs. La deuxième série sert à démontrer l’imperfection du récepteur sensible à la couleur rouge (Protos), tandis que la troisième série sert à démontrer l’imperfection du récepteur sensible à la couleur verte (Deuteros). Si l’erreur commise se situe dans la deuxième série, il s’agit d’un protanomal ou protanope, si l’erreur se situe dans la troisième série, il s’agit d’un deutéranomal ou deutéranope.

images test COLORLITE

Grâce à ces trois séries, l’Atlas Explorateur rend possible l’évaluation (fiable et précis) du degré et du type de dyschromatopsie, en un seul examen.

Le prix de l’Atlas Explorateur servant à l’examen de la capacité de la perception des couleurs est proche du prix du livre Ishihara (38 planches), et le résultat des mesures est identique à celui obtenu avec un anomaloscope. La durée de l’examen prend environ 5 minutes, et les daltoniens comparent ce test à un jeu d’enfant ( ressenti très positif!).

A l’aide de l’Atlas et de la boite d’essai des verres COLORLITE, on peut déterminer dans un deuxième temps, la meilleure correction possible, grâce aux verres( ou aux lentilles) munis du filtre approprié.

Verre essais

Pour essayer les verres optiques nous avons fabriqué une série de verres optiques d’essai qui peuvent être placés dans les lunettes d’essai habituelles (tests réservés aux ophtalmologistes ou opticiens partenaires).

Le Ministère de la Santé a qualifié ces verres optiques de matériel thérapeutique et a autorisé leur commercialisation sous le numéro 93/42/EEC avec la marque CE.

Expériences avec des lunettes ( ou de correction de la perception des couleurs
L’effet bénéfique des filtres de correction de la perception des couleurs est tout de suite ressenti par le daltonien lors de l’essai des verres.

correction du daltonisme

Dans 95% des cas ( surtout chez ceux qui sont deutéranomal) la capacité de distinction des couleurs s’améliore très vite avec l’utilisation des filtres adaptés.
Alors que les daltoniens non corrigés auront déjà des incertitudes devant les premières images de notre « Atlas explorateur » (celles qui sont les plus faciles à reconnaître), les patients daltoniens portant les filtres de correction reconnaîtront les images des tests jusqu’aux dernières (celles qui sont les plus difficiles à reconnaître), comme les personnes dont la vision est trichromatique.
Au test d’ Ishihara, nous montrons environ 20 chiffres aux personnes examinées. Les daltoniens dont la vue n’est pas corrigée ne reconnaissent que 4-5 chiffres tandis que ceux qui portent les filtres de correction de la dyschromatopsie sont capables d’en reconnaître au moins 19.
En général l’amélioration de la capacité d’identification des couleurs n’est pas très rapide car il faut réapprendre aux daltoniens qui les découvrent pour la première fois les couleurs et leurs nuances.
La vision des protanopes, deutéranopes qui ne représentent que 4 % des daltoniens, se corrige plus difficilement, mais en utilisant les filtres de correction on peut atteindre de très bons résultats.

Effet du port de lunettes sur la dyschromatopsie
Selon le type et la gravité de la dyschromatopsie on peut démontrer une amélioration importante tout de suite. Chez les personnes qui sont peu ou moyennement daltoniens, la distinction des couleurs s’améliore rapidement, chez celles qui sont plus gravement atteints le résultat est plus tardif après avoir réappris les couleurs.
Le port régulier des lunettes augmente l’effet bénéfique de la correction, c’est pourquoi il est conseillé de les porter le plus souvent possible sauf la nuit ou lorsque la luminosité est mauvaise ou faible puisque le filtre de couleurs diminue un peu la lumière incidente.
Il est même préférable de les porter en regardant la télévision ou en travaillant sur l’ordinateur là où la vision des couleurs est primordiale.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publier. Required fields are marked *

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Effacer le formulaireEnvoyer